Émilie du Châtelet : le génie encouragé par un père d’avant-garde
Article mis en ligne le 20 août 2016

par Isabelle
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Au milieu du 18ème siècle, Émilie de Breteuil, épouse du Châtelet, est devenue à force de travail personnel une excellente physicienne.

Elle entreprend dans les années 1740 l’œuvre de sa vie : traduire et expliquer Les Principia de Newton, l’ouvrage où le génial physicien dévoile au monde (en latin !) ses extraordinaires découvertes… alors totalement inconnues en France et dans le reste du monde. Ces avancées de la physique nous semblent si ordinaires aujourd’hui… Les lycéens apprennent les lois des forces – dont l’unité de mesure est le Newton – dès la classe de seconde, et tout élève de Terminale STL ou S doit savoir utiliser la 2ème loi de Newton. Les lois de Newton constituent pourtant le socle indestructible sur lequel s’est bâti un pan entier de la physique contemporaine aux 18ème et 19ème siècles : c’est véritablement avec elles que la physique est entrée dans la modernité. Émilie a été la première à traduire en français les travaux du grand Newton, contribuant significativement à développer la physique en France, ouvrant la voie à Lagrange, puis Laplace, qui donnèrent de la mécanique newtonienne un formalisme plus efficace toujours utilisé aujourd’hui.

La traduction française des Principia par Émilie, avec ses commentaires, était si remarquable qu’aucune autre n’a été entreprise avant l’année 1982, soit plus de 200 ans après la sienne. Mais comment une femme du 18ème siècle a-t-elle pu atteindre ce niveau d’excellence intellectuelle en sciences ?

Avant tout par sa passion personnelle pour les sciences – une disposition tout à fait extraordinaire pour l’époque – qu’elle a su transformer en travail acharné pendant des années, aidée de bons professeurs particuliers. Mais elle doit également son génie à l’amour, à la clairvoyance et à la modernité de son papa, qui a trouvé bon que sa fille bénéficie des mêmes études – et des mêmes professeurs – que ses deux fils, en particulier en mathématiques, physique, grec, latin, allemand et espagnol.

MERCI ET BRAVO MONSIEUR DE BRETEUIL !!
Vraiment, en favorisant l’éclosion et l’épanouissement du génie analytique de votre fille, vous avez certainement apporté une importante contribution au rayonnement de la France en physique et en mathématiques tout au long des trois siècles qui séparent votre époque de la nôtre ! Reconnaissons leur mérite – trop rare – aux bons parents sachant écouter et favoriser le génie de leurs enfants, parfois au mépris des lourds préjugés de leur société !

Cette magnifique peinture appartient aux collections du château de Breteuil, qui appartenait autrefois à la famille d’Émilie. Il s’agit ici d’une photographie que j’ai moi-même réalisée à l’occasion de son transfert à Langres pour la merveilleuse exposition consacrée à Émilie, qui fermera en septembre. Physiciens, physiciennes, honnêtes gens, IL EST ENCORE TEMPS D’Y ALLER !

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